Crise des impôts à Genève  (1734-1738): l’influence du jusnaturalisme

Crise des impôts à Genève  (1734-1738): l’influence du jusnaturalisme

 

Crise des impôts à Genève (1734-1738): l’influence du jusnaturalisme

 

Une conférence présentée par

Monsieur Romain Cuttat
docteur en droit,

Jeudi 24 septembre 2026 à 18 h 30,

Archives d’État
1, Rue de l’Hôtel-de-Ville

La première moitié du XVIIIe siècle se distingue, entre autres, à Genève par une importante discorde fiscale où bourgeois et citoyens joignent à la complicité de leurs doléances dirigées contre une oligarchie intransigeante dans sa volonté d’émettre l’impôt, l’invocation du droit naturel moderne au titre d’un incontournable contrepoids politique.

Ainsi, au cours de la célèbre crise dite des impôts de l’an 1734 qui se conclut par la ratification du Règlement de l’Illustre Médiation de 1738, la théorie du droit naturel moderne, sitôt associée à une rhétorique politique, n’en alimente pas moins de sérieuses incidences constitutionnelles, parmi lesquelles figurent la légitimité du contrat social, la théorie du droit de résistance ou encore la question du gouvernement limité.

Nous proposons donc de mettre en lumière cinq documents (trois Mémoires faits à titre privés de Jacob de Chapeaurouge, David Sartoris, Pierre Mussard, les représentations des citoyens et bourgeois ainsi que le Mémoire de la commission chargé de répondre à ces mêmes représentations) qui tous, à leur façon, utilisent la théorie du jusnaturalisme et qui passent pour autant d’éclairages historique et juridique propres à faire ressortir toute l’élasticité et l’ambivalente réception dont le droit naturel moderne est le sujet au cours des joutes politiques qui marquent la fin de l’Ancien Régime. Le droit naturel moderne a en effet tout à la fois cristallisé les aspirations patriciennes et nourri l’effervescence des révolutions populaires à Genève.

 

 

 

 

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le programme de l’automne 2026, visites et conférences

Le programme de l’automne 2026, visites et conférences

   Programme de la SHAG

Automne 2026

 

 

Jeudi 24 septembre 2026
18h30

Archives d’État

1 rue de l’Hôtel-de-Ville

Conférence de M. Romain Cuttat
Docteur en droit

Crise des impôts à Genève (1734-1738):

l’influence du jusnaturalisme

 

Samedi 31 octobre 2026

11h00

Musée international de la Réforme

10 cour Saint-Pierre

Visite par M. Jean-Quentin Haefliger
Co-directeur du MIR

Ferdinand Hodler. Profession de foi

Jeudi 19 novembre 2026
18h30

Esplanade Théodelinde

Entrée du SaSA (Site archéologique de Saint-Antoine)

Visite par Mme Cindy Dulac, Mme Evelyne Broillet et M. Nathan Badoud

Conservatrice, archéologue et archéologue cantonal

SaSA, Site archéologique de Saint-Antoine

 

Jeudi 3 décembre 2026

18h30

Musée international de la Réforme

10 cour Saint-Pierre

Conférence de M. Patrice Delpin
Historien

Inscription obligatoire sur mir.ch/evenements

L’Escalade hors les murs et la 19e victime genevoise

Jeudi 17 décembre 2026

18h30

Archives d’État

1 rue de l’Hôtel-de-Ville

Conférence de Mme Sonia Vernhes Rappaz et M. Matthieu de la Corbière

Historienne et directeur du Service de l’inventaire des monuments d’art et d’histoire

Messages d’enfants placés.

Les graffitis de l’orphelinat de Pinchat (1942-1962)

Les personnes qui souhaiteraient présenter une communication dans le cadre de la prochaine saison peuvent écrire à l’adresse suivante : info@shag-geneve.ch

 

 

Dernier ouvrage publié par la SHAG

Dernier ouvrage publié par la SHAG

L’Escalade de Genève en son temps. 
Typologie et généalogies des récits contemporains

Mémoires et documents 70

par Patrice Delpin

« Monsieur, ce qui nous advint deça le 12. jour du Mois passé despuis la minuict jusques à 4. heures du matin est si merveilleux, magnifique & memorable au regard de Dieu & de ceste Eglise & me sens tellement esblouy de la lumiere que nostre Seigneur fit luire parmi nos tenebres, que je ne sçay par où commencer pour vous en escrire (…) ».

C’est ainsi que le grand pasteur genevois Simon Goulart annonce à un ami l’Escalade de Genève, l’attaque surprise tentée la nuit du solstice d’hiver 1602 par les troupes du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier. Durant les mois qui suivirent, cet épisode de la longue lutte entre la Maison de Savoie et la République de Genève fut au coeur de toutes les discussions dans les chancelleries européennes. Bruissante de rumeurs, toute l’Europe attendait impatiemment les nouvelles, bonnes ou mauvaises selon la confession, venant de ce petit coin de terre, où s’est jouée, comme une tragédie antique, l’existence de la Rome protestante.

Pour la première fois sont réunis ici tous les récits les plus anciens, contemporains de l’Escalade et des vingt années qui ont suivi, regroupés par famille dans une typologie et des généalogies. Catalogue des sources révélant plusieurs récits inédits, éclairé de commentaires utiles pour souligner les apports historiographiques, ce livre permet d’enrichir notre connaissance de l’événement et de démêler plusieurs mythes qu’une forte tradition a imposés comme vérités.

Formulaire de commande et flyer

Lien vers le co-éditeur.

 

Historien du XVIIe siècle genevois, Patrice Delpin s’est fait remarquer par la publication à la Librairie Droz du Journal (1600-1609) d’Esaïe Colladon, dont il avait retrouvé l’original autographe. Il publie des articles et donne régulièrement des conférences sur l’Escalade de Genève et livre ici une somme sur les récits de cette entreprise, fruit de huit années de recherche.

Édité par la Société d’histoire et d’archéologie et les Éditions Alphil,
1 volume, ISBN: 978-2-88930-730-2

 

 

Les collections de brochures de la Société d’histoire: un patrimoine à documenter

Les collections de brochures de la Société d’histoire: un patrimoine à documenter

 

Les collections de brochures de la Société d’histoire: un patrimoine à documenter

 

Une conférence présentée par

Madame Barbara Roth-Lochner
historienne et archiviste,

Jeudi 18 juin 2026 à 18 h 30,

Archives d’État
1, Rue de l’Hôtel-de-Ville

Dès sa création en 1838, la Société d’histoire a commencé à constituer une bibliothèque enrichie au fil des décennies de dons et d’échanges. Pour être pleinement utile à ses membres, sa gestion a fait l’objet de réflexions et d’interventions successives, qui reflètent les options des personnes qui en étaient responsables et dont certaines laissent aujourd’hui perplexe.

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, la gestion des patrimoines documentaires s’est fortement professionnalisée. Les collections des sociétés savantes, si importantes dans la prise de conscience patrimoniale des XIXe et XXe siècles, sont devenues une charge difficile à assumer, dans un contexte associatif où le bénévolat règne en maître et où les ressources financières sont restreintes. Les institutions publiques – bibliothèques, musées, centres d’archives – qui étaient depuis l’origine les principaux partenaires des sociétés savantes, deviennent les dépositaires, et aussi les destinataires des dons de ces collections. C’est ainsi qu’une discussion a récemment été ouverte entre la Bibliothèque de Genève (BGE) et la Société d’histoire en vue du transfert de propriété d’un important lot de brochures, politiques ou autres, des XVIIIe et XIXe siècles, déposées depuis 1947 dans les locaux de la BGE. Afin que le transfert se passe dans les meilleures conditions possibles, sans perte d’informations sur l’histoire des collections de la SHAG, dont plusieurs sont des ensembles logiques et cohérents constitués par des personnes soucieuses de sauvegarder des sources sur l’histoire de la cité dans laquelle ils vivaient, Barbara Roth a analysé la composition de la collection de brochures pour en comprendre l’organisation, en se fondant aussi sur les archives de la SHAG.

 

Barbara Roth-Lochner est historienne et archiviste, docteure en histoire (Université de Genève). Archiviste d’État adjointe aux Archives d’État de Genève de 1981 à 2001, elle a ensuite été conservatrice du Département des manuscrits et des archives privées de la Bibliothèque de Genève de 2001 à 2016. Elle est membre de plusieurs commissions d’experts ou comités suisses et genevois, et auteure d’études historiques et archivistiques.

 

 

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée.

 

 

 

 

 

 

 

 

À table! La vaisselle des Genevois du VIIe au XIX siècle

À table! La vaisselle des Genevois du VIIe au XIX siècle

 

À table! La vaisselle des Genevois du VII au XIXe siècle

 

Une conférence présentée par

Madame Michelle Joguin Regelin
archéologue au Service cantonal d’archéologie,

Jeudi 21 mai 2026 à 18 h 30,

Archives d’État
1, Rue de l’Hôtel-de-Ville

Qui ne s’est jamais interrogé sur la manière dont nos ancêtres préparaient et consommaient leurs repas ?

La céramique constitue l’un des matériaux les plus précieux pour l’archéologue. Sa remarquable résistance au temps en fait un vestige quasi indestructible : là où le bois a disparu et où le métal a été refondu, la céramique traverse les siècles. Même brisée en fragments, elle subsiste dans le sol et livre ses secrets aux céramologues.

Bien plus qu’un simple objet du quotidien, la céramique est un véritable marqueur chronologique, chaque tesson étant porteur d’informations capitales. Sa couleur, sa texture, son épaisseur, sa forme et son décor constituent autant d’indices qui permettent aux spécialistes de l’attribuer à une période précise.

Cette présentation va vous faire voyager, du VIIe au XIXe siècle, à la table et dans la cuisine des Genevois, à travers les découvertes archéologiques du canton.

 

Michelle Joguin Regelin est archéologue au Service cantonal d’archéologie depuis plus de 30 ans. Elle s’est spécialisée dans l’étude de la céramique médiévale et moderne et a collaboré à l’écriture des chapitres concernant la céramique dans la série « La Suisse de la préhistoire à l’époque moderne » publiée par Archéologie suisse.

 

 

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée. Inscriptions sur le site du MIR

 

 

Discipline ecclésiastique et surveillance des jeux sous l’Ancien Régime: que le cas genevois nous apprend-il? (XVIe-XVIIIe siècles)

Discipline ecclésiastique et surveillance des jeux sous l’Ancien Régime: que le cas genevois nous apprend-il? (XVIe-XVIIIe siècles)

 

Discipline ecclésiastique et surveillance des jeux sous l’Ancien Régime: que le cas genevois nous apprend-il? (XVIe-XVIIIe siècles)

 

Une conférence présentée par

Monsieur Baptiste Werly,

historien

Jeudi 23 avril 2026 à 18 h 30,

Archives d’État de Genève
Ancien Arsenal

1, rue de l’Hôtel-de-Ville

La conférence sera précédée de l’Assemblée générale de la SHAG

Au cœur de cette recherche se trouve l’étude de la surveillance disciplinaire des jeux, licites ou illicites, à Genève sous l’Ancien Régime, à partir des sources produites entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle par le Consistoire, la Compagnie des pasteurs et le Petit Conseil. L’enquête analyse les enjeux moraux et socio-économiques de cette surveillance dans une société fortement marquée par la religion : quel regard pasteurs et magistrats portaient-ils sur les jeux et divertissements, parfois perçus comme une forme d’addiction, pour employer un concept contemporain ? Comment le discours pastoral s’adaptait-il à cette thématique ?

L’étude montre aussi comment la cité réformée réagit aux profondes mutations des sociabilités européennes aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles – essor des salons, cercles mondains et lieux de jeu réservés à certains milieux sociaux. Elle interroge la participation des femmes aux pratiques ludiques, souvent jugée scandaleuse. La prédication et la publication de deux sermons en 1727 sur « les inconvénients » et « la passion du jeu » révèlent d’ailleurs la sensibilité du sujet. Des critiques existaient néanmoins : comment prendre au sérieux un discours moralisateur lorsque pasteurs ou magistrats eux-mêmes s’adonnaient à des jeux interdits ?

Si le jeu ne constitue qu’une part minime des affaires disciplinaires, son examen systématique éclaire pourtant de manière privilégiée l’histoire sociale et morale de la Genève d’Ancien Régime.

 

 

Cette conférence présentera les principales questions et conclusions de la thèse de doctorat en histoire et théologie de Baptiste Werly, intitulée Le Consistoire de Genève et la surveillance des jeux (XVIe–XVIIIe siècles), menée entre 2019 et 2025 et soutenue en juillet 2025 à Genève avec la mention maximale (summa cum laude). Depuis août 2025, il est suppléant collaborateur scientifique et enseigne l’histoire à la Faculté ; il est également l’auteur de plusieurs articles, dont « “Ne doivent estre souffert ici ” ! La surveillance des danseurs de corde à Genève, entre intolérance ecclésiastique et laxisme politique (XVIIe–XVIIIe siècles) », publié dans le Bulletin de la SHAG.

 

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée.