Satigny.
Étude archéologique et histoire d’une des plus anciennes Églises du canton de Genève

Mémoires et documents 68

par Charles Bonnet, avec la collaboration de Michèle Gaillard

Ce livre, rédigé quarante-cinq années environ après les campagnes de fouilles dirigées par Charles Bonnet, a pu bénéficier à la fois de l’expérience acquise sur de nombreux chantiers dans le Genevois et dans les contrées avoisinantes et des progrès des techniques d’analyse des données archéologiques, notamment les datations par Carbone 14 et dendrochronologie. La présentation et l’interprétation des résultats ont été complétées par la prise en compte des données historiques, sous la plume de Michèle Gaillard, grâce aux recherches précédemment effectuées par Isabelle Brunier pour l’époque médiévale et par le pasteur Olivier Labarthe pour la période moderne. L’ensemble de la documentation (y compris les études, récemment effectuées, des objets retrouvés en fouille et de la céramique ainsi que les études anthropologiques publiées dans les années 1990) est ainsi mis à la disposition de tous, avec de nombreux plans et photographies.

L’histoire de cette église, dévoilée grâce aux recherches archéologiques et historiques, est particulièrement intéressante puisque, autour des églises successives – de la première église en bois édifiée à l’emplacement d’une villa gallo-romaine aux VIe-VIIe siècles à l’église d’époque gothique –, des inhumations ont été effectuées en nombre croissant, en particulier dans un petit mausolée en bois aménagé dans le prolongement de l’abside de la première église, puis, au chevet de l’église du Xe siècle, dans un mausolée sans doute édifié pour recevoir les tombeaux du comte Ayrbert et de son épouse Eldegarde dont la donation à cet effet nous est connue. La richesse du « Prieuré », dont les chanoines suivent, au plus tard au XIIe siècle, la règle de Saint-Augustin, est manifeste si bien que, peu à peu, l’évêque et les chanoines de la cathédrale de Genève appesantissent leur contrôle jusqu’à en prendre possession à l’extrême fin du XIVe siècle. Désormais, c’est le chapitre cathédral de Genève qui gère les biens du prieuré de Satigny et effectue les réparations et restaurations indispensables; après la Réforme, le relais est pris par le Conseil de Genève, en particulier à la suite de l’effondrement de la partie occidentale de l’église gothique au XVIIIe siècle ; les deux tours de part et d’autre du chœur sont alors détruites et une nouvelle façade et son clocher-porche donnent à l’édifice son aspect actuel.

 

Charles Bonnet, professeur honoraire à l’Université de Genève, a également été archéologue cantonal de 1972 à 1998. Membre de l’Institut de France (Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres), il fait partie de plusieurs conseils scientifiques en Suisse, en France, en Italie et en Belgique, où il est appelé comme expert des périodes antique et médiévale. Il a mené des recherches archéologiques à Péluse, dans le Sinaï (Égypte) depuis 1997. Au Soudan, il est intervenu sur plusieurs sites importants pour la connaissance des origines de l’Afrique, le long du Nil et sur un axe reliant l’Atlantique à la mer Rouge. Il a adapté les méthodes de l’archéologie à ce territoire et, faisant suite aux travaux de l’égyptologue Georges Reisner, a découvert le royaume noir de Kerma. Charles Bonnet est docteur honoris causa des universités de Khartoum, Dongola, Louvain et Paris-Sorbonne.

Michèle Gaillard est professeur émérite à l’Université de Lille (France). Agrégée d’histoire, elle a, depuis 1980, effectué de nombreuses recherches sur l’histoire religieuse du haut Moyen Âge occidental, aux époques mérovingienne et carolingienne. Actuellement, ses activités de recherche ont pour axe principal le rôle du culte des saints et du monachisme dans la société altomédiévale à travers l’édition critique des sources hagiographiques du haut Moyen Âge, la confrontation des sources écrites et des données archéologiques et l’étude des réformes monastiques. Elle a participé ou participe encore à de nombreux groupes de recherche internationaux, dont « Topographie chrétienne des Cités de la Gaule », « Expertise des textes hagiographiques mérovingiens dans leurs plus anciennes versions manuscrites », « Columbanus 2015 » et la base « Monastères ».

Édité par la Société d’histoire et d’archéologie et les Éditions Favre,
1 volume, ISBN: 978-2-8289-1963-4