Discipline ecclésiastique et surveillance des jeux sous l’Ancien Régime: que le cas genevois nous apprend-il? (XVIe-XVIIIe siècles)

Discipline ecclésiastique et surveillance des jeux sous l’Ancien Régime: que le cas genevois nous apprend-il? (XVIe-XVIIIe siècles)

 

Discipline ecclésiastique et surveillance des jeux sous l’Ancien Régime: que le cas genevois nous apprend-il? (XVIe-XVIIIe siècles)

 

Une conférence présentée par

Monsieur Baptiste Werly,

historien

Jeudi 23 avril 2026 à 18 h 30,

Archives d’État de Genève
Ancien Arsenal

1, rue de l’Hôtel-de-Ville

La conférence sera précédée de l’Assemblée générale de la SHAG

Au cœur de cette recherche se trouve l’étude de la surveillance disciplinaire des jeux, licites ou illicites, à Genève sous l’Ancien Régime, à partir des sources produites entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle par le Consistoire, la Compagnie des pasteurs et le Petit Conseil. L’enquête analyse les enjeux moraux et socio-économiques de cette surveillance dans une société fortement marquée par la religion : quel regard pasteurs et magistrats portaient-ils sur les jeux et divertissements, parfois perçus comme une forme d’addiction, pour employer un concept contemporain ? Comment le discours pastoral s’adaptait-il à cette thématique ?

L’étude montre aussi comment la cité réformée réagit aux profondes mutations des sociabilités européennes aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles – essor des salons, cercles mondains et lieux de jeu réservés à certains milieux sociaux. Elle interroge la participation des femmes aux pratiques ludiques, souvent jugée scandaleuse. La prédication et la publication de deux sermons en 1727 sur « les inconvénients » et « la passion du jeu » révèlent d’ailleurs la sensibilité du sujet. Des critiques existaient néanmoins : comment prendre au sérieux un discours moralisateur lorsque pasteurs ou magistrats eux-mêmes s’adonnaient à des jeux interdits ?

Si le jeu ne constitue qu’une part minime des affaires disciplinaires, son examen systématique éclaire pourtant de manière privilégiée l’histoire sociale et morale de la Genève d’Ancien Régime.

 

 

Cette conférence présentera les principales questions et conclusions de la thèse de doctorat en histoire et théologie de Baptiste Werly, intitulée Le Consistoire de Genève et la surveillance des jeux (XVIe–XVIIIe siècles), menée entre 2019 et 2025 et soutenue en juillet 2025 à Genève avec la mention maximale (summa cum laude). Depuis août 2025, il est suppléant collaborateur scientifique et enseigne l’histoire à la Faculté ; il est également l’auteur de plusieurs articles, dont « “Ne doivent estre souffert ici ” ! La surveillance des danseurs de corde à Genève, entre intolérance ecclésiastique et laxisme politique (XVIIe–XVIIIe siècles) », publié dans le Bulletin de la SHAG.

 

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée. 

 

 

Anatomie

Anatomie

Anatomie

Visite conduite par

Madame Laurence-Isaline Stahl Gretsch

Responsable du Musée d’histoire des sciences

 

Samedi 21 mars 2026 à 10 h 30,

Musée d’histoire des sciences
Parc de la Perle du lac
128 rue de Lausanne

Quoi de plus mystérieux et fascinant à la fois que notre propre corps ? Voir à l’intérieur de celui-ci pour en comprendre le fonctionnement et ainsi mieux se connaître, est l’un des sujets qui occupe les humains depuis l’Antiquité au moins.

L’étude du corps humain se pratiquait déjà à Genève dès la Renaissance, même si cette ville n’a jamais été un haut lieu de l’anatomie, comme d’autres centres européens tels Paris, Padoue ou Bâle. Il faudra attendre 1876, date de la création de la faculté de médecine, pour voir apparaître de nouveaux outils d’enseignement tels que des moulages et des modèles anatomiques.

Conçues à fins pédagogiques, certaines de ces pièces sont aujourd’hui, par leur beauté, leur originalité, le côté novateur des techniques utilisées, devenues des objets de collection au cœur de la nouvelle exposition temporaire du Musée. Celle-ci vous invite à un voyage anatomique qui vous emmène à la découverte de spectaculaires écorchés humains plus vrais que nature, de moulages anatomiques de différents organes ainsi que de splendides planches descriptives. Le voyage se poursuit par l’exploration microscopique de la structure biologiques d’organes et s’achève sur la manière contemporaine d’enseigner, d’explorer et de représenter le corps humain.

 

Après une quinzaine d’années de pratique de son métier d’archéologue, Laurence-Isaline Stahl Gretsch bifurque vers l’histoire des sciences au moment de sa thèse de doctorat en sciences, soutenue à l’Université de Genève en 2004. Elle rejoint le Musée d’histoire des sciences en 2005 en tant que responsable de l’institution. Dans ce cadre, elle a organisé de nombreuses expositions et dirigé neuf éditions de la Nuit de la science.

 

Toute personne que le sujet intéresse est la bienvenue.

 

 

Crises religieuses à Genève au XIXe siècle

Crises religieuses à Genève au XIXe siècle

 

Crises religieuses à Genève au XIXe siècle

 

Une conférence présentée par

Monsieur Alain Marti,
avocat et historien,

Jeudi 12 février 2026 à 18 h 30,

Musée international de la Réforme
10, Cour de Saint-Pierre

Inscriptions sur le site musee-reforme.ch

Le XIXe siècle à Genève a constitué une période troublée à plus d’un titre : création d’un canton religieusement mixte, dissidence dans l’Église protestante, révolutions radicales et surtout Kulturkampf opposant radicaux et catholiques romains. C’est ce dernier qui retiendra notre attention.

Les sources sont déséquilibrées. Le mémorial du Grand Conseil ne relate que les interventions des adversaires de l’Église catholique. Un seul député, pas très compétent, s’est élevé contre les mesures hostiles à son Église. Comment s’explique ce relatif silence de l’Église catholique romaine ? Comment cette Église s’est-elle défendue ? Quels étaient les enjeux idéologiques et pratiques dans ce conflit ? En particulier, quel a été le sort de l’église Notre Dame ?

La conférence s’interrogera aussi sur la résolution du conflit : qui a fait des concessions et lesquelles ?  En se demandant quelles traces ce conflit laisse-t-il dans le canton aujourd’hui, la conférence ouvrira sur le présent et la gestion de la pluralité religieuse.

 

Alain Marti, avocat et historien émérite, spécialiste de l’histoire genevoise, a publié en 2024 l’ouvrage De la pluralité religieuse à la paix confessionnelle, qui servira de base à cette conférence.

 

 

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée. Inscriptions sur le site du MIR

 

 

Société astronomique de Genève

Société astronomique de Genève

 

Société astronomique de Genève.

Visite conduite par

Marc Dumas,

président,

Ekatarina Plys,

co-animatrice du projet Astra,

Alexandre Pozzi,

co-animateur du groupe Juniors,

et

Éric Zbinden

démonstrateur

 

Jeudi 15 janvier 2026 à 18 h 30,

Société astronomique de Genève

6 rue des Terreaux-du-Temple

Places limitées! Inscriptions obligatoires et uniquement à l’adresse info@shag-geneve.ch

La fondation de la Société Astronomique Flammarion de Genève (SAFG) remonte au 9 février 1923. Elle fut alors portée par une quarantaine d’astronomes amateurs dont 20 % de femmes. L’Europe étant à peine sortie du cauchemar de la Grande Guerre et de l’épidémie de grippe espagnole, c’était un projet audacieux. La mission première de la Société Astronomique

Flammarion de Genève est stipulée à l’article 1, alinéa 2 des statuts du 8 mars 1923 : « Elle est instituée pour concourir à la diffusion de l’astronomie et de toutes les sciences qui s’y rattachent. Elle s’inspire, dans la poursuite de ce but, de l’esprit et des méthodes de Camille Flammarion. »

Une personnalité a porté très haut les couleurs de la Société Astronomique de Genève (SAG): le Dr. Maurice du Martheray. Dentiste et observateur infatigable, il représenta une personnalité hors du commun. L’acuité de ses observations est documentée par d’innombrables dessins de haut vol. Ces précieuses archives sont aujourd’hui conservées au Musée d’Histoire des Sciences (MHS). L’installation de la SAFG – devenue la SAG – aux Terreaux-du-Temple ainsi que le cheminement parcouru sera abordé dans le cadre de cette visite. De même, il sera évoqué l’évolution des techniques qui ont profondément remanié les méthodes des astronomes amateurs – ceci, alors même que l’intégrité du ciel ne cesse de subir, au même titre que la biodiversité et le climat, les dégâts de notre mode de vie moderne.

Les juniors de la Société ont un rôle à jouer dans la relève de la SAG, et notamment celui de remettre en question le mode de fonctionnement des amateurs dans la quête de nos origines dans un Univers qui n’a pas fini de nous surprendre. L’importance de l’intégration des femmes est le point d’orgue du projet Astra qui donne la parole à des astrophysiciennes et intègre la dimension de la création artistique. L’objectif est de proposer à de jeunes femmes en formation une ouverture sur le monde de la création scientifique.

Toute personne que le sujet intéresse est la bienvenue.

 

 

Présence féminine au panthéon de Genève: une visite du cimetière de Plainpalais

Présence féminine au panthéon de Genève: une visite du cimetière de Plainpalais

Présence féminine au panthéon de Genève:

une visite du cimetière de Plainpalais

Conduite par

Madame Clarissa Yang

Collaboratrice scientifique à la Maison de l’histoire

et

Madame Jade Sercomanens

Collaboratrice scientifique

 

Samedi 1er novembre 2025 à 10 h 00,

Cimetière des Rois

Rue des Rois 10, 1204 Genève. Devant la chapelle funéraire du cimetière de Plainpalais

Le cimetière de Plainpalais est souvent considéré comme le panthéon de Genève. Fondé à la fin de la période médiévale, il sert d’abord à l’inhumation des pestiférés. Ce site devient ensuite, sous la direction de l’Hôpital général, le principal espace funéraire de la République protestante à l’époque moderne. Au cours du XIXe siècle, la gestion des défunts est transférée aux autorités municipales. L’augmentation du coût des concessions restreint l’accessibilité des «Rois», remplacé progressivement par le cimetière de Saint-Georges, fondé en 1883. Le site historique se réserve aujourd’hui aux élites urbaines et aux personnalités illustres

Ce cimetière compte actuellement près de 300 tombes et monuments funéraires pour environ 600 personnes inhumées, dont de nombreux magistrats, artistes et membres de familles patriciennes. Le cimetière conserve ainsi un riche patrimoine qui témoigne des transformations majeures de l’histoire de Genève. Si les femmes représentent 44% des personnes inhumées, leur présence reste encore peu valorisée. Retracer leur présence et leur commémoration offre un angle original à l’histoire du cimetière et des pratiques funéraires. Elle éclaire également les enjeux contemporains autour de la construction d’une mémoire collective dans un site historique. Cette visite propose donc de redécouvrir le cimetière de Plainpalais depuis une perspective genre à partir de quelques sépultures féminines.

 

Depuis 2024, sous l’impulsion du Service des pompes funèbres, cimetières et crématoire de la Ville de Genève, la Maison de l’histoire travaille à réactualiser l’histoire du cimetière de Plainpalais à travers un projet de recherche réunissant historien-ne-s, spécialistes du patrimoine, artistes et archivistes. Les premiers résultats ont été présentés au cours d’une soirée et d’une journée d’étude en automne 2024. Une publication collective est prévue pour 2026. 

 

Toute personne que le sujet intéresse est la bienvenue.

 

 

Casanova à Genève. Un libertin chez Calvin

Casanova à Genève. Un libertin chez Calvin

 

Casanova à Genève.

Un libertin chez Calvin

Visite guidée conduite par

Madame Corine Borel

Commissaire de l’exposition et

adjointe scientifique au Musée d’art et d’histoire

et

Monsieur Flávio Borda D’Água

Conservateur adjoint responsable des Délices de Voltaire

 

Jeudi 4 décembre 2025 à 18 h 30,

Musée d’art et d’histoire

2 rue Charles-Galland

À l’occasion du 300e anniversaire de la naissance de Giacomo Casanova (1725-1798), le MAH propose une exposition temporaire intitulée «Casanova à Genève. Un libertin chez Calvin». C’est l’opportunité de faire revivre cette figure emblématique du XVIIIe siècle, brillant chevalier d’industrie passé à la postérité comme l’incarnation du séducteur aux innombrables conquêtes féminines. Tour à tour abbé, violoniste, joueur, occultiste, franc-maçon, entrepreneur, diplomate ou espion, mais également homme de lettres prolifique, le Vénitien a parcouru l’Europe entière, fréquentant les salons des élites comme les mauvais lieux et rencontré la plupart des célébrités, artistes et écrivains de son temps.

Le scénario de l’exposition s’appuie directement sur les Mémoires qu’il rédige au soir de sa vie, alors qu’il s’ennuie au château de Dux (Duchcov, Tchéquie), où le comte de Waldstein lui a offert le poste de bibliothécaire. Rédigée en français – la langue véhiculaire et diplomatique de l’Europe du XVIIIe siècle –  l’Histoire de ma vie passionne en tant que «roman vécu», mais aussi comme véritable «encyclopédie du XVIIIe siècle». Si le récit de Casanova doit sa célébrité à la description circonstanciée de ses intrigues galantes, il constitue aussi un témoignage de première main sur la société et les mœurs de l’Europe des Lumières, permettant de contextualiser les œuvres présentées grâce à de nombreuses citations et anecdotes.

Tout en évoquant certains attendus autour du personnage, l’exposition met plus spécifiquement l’accent sur les rapports du Vénitien avec la Cité de Calvin : au cours de ses pérégrinations, celui-ci s’est en effet arrêté par trois fois à Genève (1750, 1760, 1762). La ville, qui connaît alors une économie prospère et un rayonnement culturel exceptionnel, sert de cadre à quelques épisodes marquants de sa vie, notamment sa séparation avec Henriette, son grand amour, ou ses joutes oratoires avec Voltaire aux Délices. Nourrie par le riche fonds d’œuvres du MAH et par de prestigieux emprunts que ce soit dans les institutions genevoises et à l’étranger, cette exposition sera l’occasion de découvrir de nombreuses pièces inédites.

 

 

Toute personne que le sujet intéresse est la bienvenue.