Du Faubourg Saint-Antoine aux Rues-Basses. Histoire d’un papier peint de la fin du XVIIIè siècle

Du Faubourg Saint-Antoine aux Rues-Basses. Histoire d’un papier peint de la fin du XVIIIè siècle

 

par Mesdames Gaël Bonzon et Gabriella Lini,
historiennes de l’art

 

Jeudi 28 septembre 2017

18 h. 30

 

Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

entrée libre

Les travaux de rénovation urbaine des années 1970-1980 effectués dans le cœur historique de Genève ont soulevé la question de la sauvegarde des revêtements des maçonneries anciennes, un héritage artistique et culturel encore trop souvent négligé. C’est précisément au cours de cette décennie qu’un panneau de papier peint estampillé de la Manufacture royale Réveillon est fortuitement découvert lors de la réfection d’un immeuble des Rues-Basses. Dérobé à la vue deux siècles durant et protégé des outrages de l’air par un agencement de boiseries, ce vestige de décor mural – désormais conservé au Musée d’art et d’histoire – fournit de précieuses informations. Témoin du goût qui a présidé à l’aménagement de la pièce qu’il ornait, il révèle l’appartenance sociale de ses occupants et, plus largement, des habitants du quartier alentour. Il rend compte, par ailleurs, du contexte artistique et idéologique qui a inspiré, au cours de ce dernier quart du XVIIIè siècle, son ornementation aux motifs pleins de fraîcheur.

 

Gaël Bonzon est titulaire d’un master ès Lettres de l’Université de Genève. Elle travaille depuis 2001 au Musée d’art et d’histoire, en tant que collaboratrice scientifique au sein du domaine des arts appliqués, où elle est notamment en charge des collections de mobilier, textiles, instruments de musique et orfèvrerie. Elle a participé à plus d’une vingtaine d’expositions et est l’auteur d’articles portant sur des domaines divers.

 

Gabriella Lini est titulaire d’un doctorat ès Lettre en « Art et archéologie de l’Antiquité tardive et du Moyen Âge » de l’Université de Genève et du Pontificio Istituto di Archeologia Cristiana de Rome. Depuis 2009, elle occupe un poste de collaboratrice scientifique au Musée d’art et d’histoire de Genève dans le secteur Inventaire et documentation scientifique, où elle est responsable du logiciel de gestion des collections. Parallèlement, elle a activement participé à l’étude et à la mise en valeur des collections byzantines, ainsi qu’à celle d’autres objets du domaine des arts appliqués.

 

© Musées d’art et d’histoire, Ville de Genève,
Photo : Bettina Jacot-Descombes

Collections archéologiques et trafics illicites

Collections archéologiques et trafics illicites

M. Marc-André Haldimann

Jeudi 15 juin 2017


Archives d’État


Héritière d’une tradition  qui se développe depuis l’Antiquité elle-même, la collection d’objets d’exception se développe dès le XVIe siècle. Du Cabinet de curiosités des princes et monarques européens des XVIIe – XVIIIe siècles à l’invention contemporaine de l’archéologie et, au XIXe siècle, des Musées, les collections d’objets archéologiques ont acquis leur lettres de noblesse. Depuis la 2e Guerre Mondiale, l’importance accordée à la provenance des objets a complètement disparu, victime collatérale de ce conflit sans précédent. La prise de conscience progressive de l’ampleur des pillages sur les sites archéologiques conduit depuis 1970 à la mise en place de législations renforcées. Face à l’ampleur des destructions et des déprédations du Patrimoine dans toutes les zones de conflit, leur efficacité interpelle; vers quel avenir en matière de protection du Patrimoine nous dirigeons nous ?

Les indienneurs dans le paysage genevois du XVIIIe siècle

Les indienneurs dans le paysage genevois du XVIIIe siècle

Au miroir d’une recherche en cours :
réussites et échecs de quelques grands et petits fabricants

Conférence de Mme la professeure Liliane Mottu-Weber

Jeudi 27 avril 2017
Archives d’État
18 h.30

Les travaux consacrés à l’industrie des « toiles peintes » (toiles de coton imprimées) fabriquées à Genève au XVIIIe siècle ont déjà amplement montré l’importance de cette nouvelle production textile, qui y prit opportunément le relais de la soierie et de la draperie de laine en plein déclin à la fin du XVIIe siècle. Comme cela avait été le cas lors du Refuge du XVIe siècle pour ces deux secteurs, la diversité de la main-d’œuvre qui lui était nécessaire favorisa l’intégration des nombreux exilés français qui s’établirent dans la cité à la suite de la révocation de l’Édit de Nantes. Une utilisation plus systématique de fonds d’archives genevois peu sollicités jusqu’ici (archives notariales et judiciaires, cadastres, recensements et état-civil…), ainsi que des recherches menées à l’étranger sur des centres de production en France, en Allemagne, en Angleterre ou en Espagne apportent toutefois des informations inédites sur l’origine, les conditions de vie, les conflits, les réseaux familiaux et professionnels des fabricants d’indiennes et de leurs ouvriers.

Liliane Mottu-Weber, licenciée et docteure en histoire économique et sociale de l’Université de Genève, a été chargée de cours, puis professeure titulaire au département d’histoire générale de la Faculté des Lettres de 1984 à 2004 – plus particulièrement chargée de l’histoire de Genève au sein de l’unité d’histoire nationale. Professeure invitée à l’Institut d’histoire de l’Université de Neuchâtel en 2003, elle a également été chargée durant plusieurs années du pôle « histoire des femmes/genres » du Diplôme d’études approfondies interfacultaire (Genève et Lausanne) et interdisciplinaire en « Études Genre ». Après des études complémentaires à Paris et à New-York, elle a rédigé sa thèse sur le Refuge protestant du XVIe siècle et l’impact de ce dernier sur l’économie genevoise (industrie textile).

Depuis lors, elle a étendu ses recherches à l’économie, aux structures sociales et aux problèmes d’intégration des étrangers et de leurs descendants à Genève du XVIe au XIXe siècle ; aux réseaux familiaux, sociaux, politiques et intellectuels à Genève aux XVIIIe et XIXe siècles ; aux migrations d’artisans en Europe, aux techniques et aux inventions (horlogerie et textile anciens) ; à la vie quotidienne, aux coutumes, aux rites et interdits liés aux étapes de la vie et, enfin, à l’histoire des femmes ou des « genres » (gender-history).

Résonances, ou les périples d’une cloche japonaise

Résonances, ou les périples d’une cloche japonaise

 

Conférence par Monsieur Philippe Neeser

Jeudi 1er décembre 2016 à 18 heures 30
Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

Au printemps 1873, Gustave Revilliod s’entiche d’une belle cloche de bronze asiatique, rencontrée dans la cour de la fonderie Rüetschi à Aarau, et l’acquiert. Par cet acte, il la sauve de la destruction et d’une ultime transformation en canon. Il la fait transporter à son musée Ariana de Genève et, sans le savoir, déclenche une succession de causes à effets dont les conséquences perdurent à ce jour.

Philippe Neeser propose à son auditoire d’accompagner le parcours exceptionnel de cette cloche japonaise durant trois siècles et demi entre Kyôto, Edo, Shinagawa et Genève.

Après des études de droit à l’Université de Genève, Philippe Neeser a bénéficié d’une bourse du Gouvernement japonais au début des années 1970. Il est entré ensuite au service d’une multinationale pharmaceutique et chimique suisse au Japon, où il a fait toute sa carrière. Immergé dans le monde des affaires, Philippe Neeser a aussi épousé les traditions nippones et consacré l’essentiel de son temps libre à l’étude et à la pratique de l’art de la cérémonie du thé selon la tradition Urasenke. Il est à ce jour le seul non Japonais à avoir eu l’honneur de servir le thé au Grand Bouddha du Tôdai-ji de Nara. Revenu à Genève en 2008, Philippe Neeser a été honoré par le Gouvernement japonais de l’Ordre du Soleil Levant, au rang de commandeur. En 2012, il a confié l’essentiel de sa collection d’objets de thé aux Collections Baur, Musée d’Extrême-Orient.

© photo, Centre d’Iconographie Genevoise

Entre « les hauteurs de l’aristocratie » et « l’asservissement de la démocratie » : la culture politique du procureur général Jean-Robert Tronchin (1710-1793)

Entre « les hauteurs de l’aristocratie » et « l’asservissement de la démocratie » : la culture politique du procureur général Jean-Robert Tronchin (1710-1793)

Entre « les hauteurs de l’aristocratie » et
« l’asservissement de la démocratie » :
la culture politique du procureur général Jean-Robert Tronchin
(1710-1793)

 Conférence par Monsieur Robin Majeur, historien

Jeudi 17 novembre 2016 à 18 heures 30
Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

Résultat d’un mémoire de maîtrise, cette présentation s’attache à caractériser la culture politique de Jean-Robert Tronchin. Ce brillant procureur général de la République de Genève a jusqu’à présent fait essentiellement l’objet d’études portant sur sa pratique judiciaire. Or, membre d’une puissante famille de l’oligarchie, il joue un rôle important dans les troubles politiques qui secouent Genève tout au long du XVIIIe siècle. À travers Jean-Robert Tronchin, c’est à une interrogation sur les normes sociales, culturelles et politiques des élites au pouvoir à Genève que conduit cette recherche. La large correspondance étudiée permet ainsi de reconstituer par bribes une culture politique qui s’enracine pleinement dans le système oligarchique de la République. Elle permet également de saisir l’originalité de la pensée de Tronchin. Empruntant de plus en plus au vocabulaire du libéralisme, ce dernier tente de trouver une issue aux deux périls républicains que sont « les hauteurs de l’aristocratie » et « l’asservissement de la démocratie ». Cette délicate articulation entre une politique menée par en haut et une politique menée par en bas n’est pas sans faire écho à notre réalité contemporaine, tiraillée entre la critique incessante des élites au pouvoir et le débat sur les limites à imposer à la démocratie.

 

Robin Majeur enseigne l’histoire au Collège Calvin. Il a fait ses études à l’Université de Genève et à l’Università degli Studi di Bologna. Particulièrement intéressé par l’histoire sociale et politique du XVIIIe siècle, il a rédigé son mémoire de maîtrise sous la conduite du professeur Michel Porret en 2012.

 

Résonances,
ou les périples d’une cloche japonaise

Conférence par Monsieur Philippe Neeser

Jeudi 1er décembre 2016 à 18 heures 30
Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

Au printemps 1873, Gustave Revilliod s’entiche d’une belle cloche de bronze asiatique, rencontrée dans la cour de la fonderie Rüetschi à Aarau, et l’acquiert. Par cet acte, il la sauve de la destruction et d’une ultime transformation en canon. Il la fait transporter à son musée Ariana de Genève et, sans le savoir, déclenche une succession de causes à effets dont les conséquences perdurent à ce jour.

 

Philippe Neeser propose à son auditoire d’accompagner le parcours exceptionnel de cette cloche japonaise durant trois siècles et demi entre Kyôto, Edo, Shinagawa et Genève.

 

Après des études de droit à l’Université de Genève, Philippe Neeser a bénéficié d’une bourse du Gouvernement japonais au début des années 1970. Il est entré ensuite au service d’une multinationale pharmaceutique et chimique suisse au Japon, où il a fait toute sa carrière. Immergé dans le monde des affaires, Philippe Neeser a aussi épousé les traditions nippones et consacré l’essentiel de son temps libre à l’étude et à la pratique de l’art de la cérémonie du thé selon la tradition Urasenke. Il est à ce jour le seul non Japonais à avoir eu l’honneur de servir le thé au Grand Bouddha du Tôdai-ji de Nara. Revenu à Genève en 2008, Philippe Neeser a été honoré par le Gouvernement japonais de l’Ordre du Soleil Levant, au rang de commandeur. En 2012, il a confié l’essentiel de sa collection d’objets de thé aux Collections Baur, Musée d’Extrême-Orient.

De l’or sur le Ring: l’église russe de Genève (1866)

De l’or sur le Ring: l’église russe de Genève (1866)

 

 

 Jeudi 29 septembre 2016 à 18h30

Archives d’État de Genève

M. David Ripoll

 

Moment crucial de l’histoire genevoise, le milieu du XIXe siècle voit la démolition des fortifications et la création, à leur emplacement, de quartiers marqués du sceau de la modernité. Dans cette ville nouvelle connue sous le terme de Ring ou de Ceinture fazyste, l’église de l’Exaltation de la Sainte-Croix et ses coupoles d’or impriment une marque singulière. Signe tangible d’une politique d’ouverture à l’égard de toutes les communautés religieuses, elle actualise un modèle architectural élaboré en Russie, inspiré par Byzance et exporté à travers le monde.

Évoquant l’architecture cultuelle orthodoxe, la présentation s’appliquera à mettre l’objet dans son contexte urbanistique. Elle jettera également un éclairage sur les acteurs qui en furent à l’origine, à savoir un architecte russe d’origine allemande, des constructeurs genevois et des peintres tessinois.

 

David Ripoll. Historien de l’architecture, licencié de l’Université de Genève. Spécialisé dans l’architecture et l’urbanisme des XIXe et XXe siècles, il est rattaché à l’Office du patrimoine et des sites, à la Conservation du patrimoine architectural de la Ville de Genève, et enseigne aux universités de Neuchâtel et Lausanne. Ses recherches et publications récentes portent sur des thèmes relatifs à la fonction monumentale, aux mutations techniques et professionnelles, à l’architecture publique.