«Nous devons nous demander s’il est bon pour l’Eglise que l’homme soit seul…». L’accès des femmes au métier de pasteur, une révolution protestante

«Nous devons nous demander s’il est bon pour l’Eglise que l’homme soit seul…». L’accès des femmes au métier de pasteur, une révolution protestante

«Nous devons nous demander

s’il est bon pour l’Eglise que l’homme soit seul…»

L’accès des femmes au métier de pasteur, une révolution protestante

 

Une conférence présentée par

Madame Lauriane Savoy,
historienne,

Jeudi 7 mars 2024 à 18 h 30,

Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal,
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

La religion est souvent perçue, à juste titre, comme un « frein à l’égalité », voire un bastion du patriarcat. L’étude approfondie et fine des trajectoires de femmes dans les différentes traditions religieuses montre une réalité complexe, et des femmes qui développent leur capacité d’agir dans un cadre institutionnel et théologique plus ou moins rigide.

Le protestantisme réformé, une des principales traditions religieuses des cantons suisses romands, a connu une révolution interne au cours du XXe siècle : alors que les femmes n’avaient aucune responsabilité officielle encore au tout début du siècle, elles ont progressivement accédé à toutes les fonctions, en particulier à celle de pasteure, jusqu’à constituer aujourd’hui environ 40 % des effectifs.

Comment cette mutation a-t-elle été possible et comment s’est-elle déployée, plus particulièrement à Genève ? À partir d’une enquête historique et théologique, il s’agira de montrer le rôle méconnu des femmes protestantes dans la transformation de l’Église et de la société.

Lauriane Savoy est historienne et docteure en théologie de l’Université de Genève. Elle a soutenu une thèse co-dirigée par Elisabeth Parmentier (professeure de théologie pratique) et Delphine Gardey (professeure en études genre) intitulée L’ouverture du ministère pastoral à la mixité femmes-hommes dans les Églises protestantes de Genève et Vaud (2022), puis a travaillé à la parution d’un livre adapté de sa thèse : Pionnières. Comment les femmes sont devenues pasteures (Labor et Fides, 2023). Avec Pierrette Daviau et Elisabeth Parmentier, elle a co-dirigé un ouvrage collectif de théologie féministe : Une bible des femmes (Labor et Fides, 2018). Aujourd’hui, tout en étant chercheuse associée à l’Institut lémanique de théologie pratique (Universités de Lausanne et Genève), elle poursuit une formation pédagogique pour enseigner l’histoire et le français dans le secondaire.

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée. 

 

 

Image: Couverture du livre « Pionnières. Comment les femmes sont devenues pasteures » (Labor et Fides)

Étreintes paillardes. Familles et enfants illégitimes à Genève sous l’Ancien Régime (1670-1794)

Étreintes paillardes. Familles et enfants illégitimes à Genève sous l’Ancien Régime (1670-1794)

Étreintes paillardes

Familles et enfants illégitimes à Genève sous l’Ancien Régime (1670-1794)

 

Une conférence présentée par

Madame Loraine Chappuis,
historienne,

maître-assistante en histoire moderne à l’Université de Genève

Jeudi 18 janvier 2024 à 18 h 30,

Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal,
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

Publié aux éditions Georg en 2022, ce livre se consacre à l’histoire sociale de la famille et de la sexualité illégitimes. Loraine Chappuis s’y intéresse aux relations sexuelles hors mariage et à l’intégration familiale des enfants naturels à Genève entre 1670 et 1794. En s’appuyant sur l’histoire du genre et de la régulation sociale, elle étudie la gestion urbaine des autorités civiles, religieuses et hospitalières de la « paillardise », ce qui désigne les rapports hors mariage dont résulte une grossesse. Elle s’intéresse non seulement au contrôle des relations illicites et de leurs conséquences, mais aussi à la « narration » qu’en font les hommes et les femmes impliqué·es. Ce faisant, elle démontre le caractère quotidien des rapports sexuels hors mariage qui s’inscrivent dans des modes traditionnels de sociabilité hétérosociale pouvant conduire un couple au mariage. Ce livre analyse enfin le processus d’adaptation de ces familles précaires pour illustrer l’expérience sociale des enfants illégitimes. Fondée sur un corpus de sources judiciaires et hospitalières important, sa recherche offre un éclairage original sur les processus de formation de la famille sous l’Ancien Régime. Elle contribue par ailleurs à illustrer l’expérience sociale des individus illégitimes et l’émergence de sentiments affectifs entre parents et enfants naturels, ainsi qu’elle le présentera lors de ce commentaire de sa recherche.

Loraine Chappuis est maître-assistante en histoire moderne depuis février 2020. En décembre 2019, elle a soutenu sa thèse de doctorat intitulée « ‘Avoir la compagnie de l’autre sexe’ : la répression des relations charnelles illicites à Genève au XVIIIe siècle : une histoire de l’expression sociale du désir selon les procès en paillardise ». Son travail porte sur l’histoire sociale de la famille et de la sexualité saisie à travers les archives judiciaires. Depuis 2022, elle travaille sur un nouveau projet de recherche consacré à l’histoire de la famille, de la sexualité et du métissage en Île de France au XVIIIe  siècle.

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée. 

 

 

L’Escalade dans les Archives helvétiques

L’Escalade dans les Archives helvétiques

L’Escalade dans les

Archives helvétiques

 

Une conférence présentée par

Monsieur Patrice Delpin,
historien,

Jeudi 7 décembre 2023 à 18 h 30,

Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal,
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

La grande publication de la SHAG en 1903 consacrée aux Documents sur l’Escalade de Genève explorait les archives diplomatiques des capitales européennes, sans traiter les archives des cantons suisses, qui attendaient depuis 120 ans d’être vraiment consultées.

Patrice Delpin est parti à la recherche des récits de l’Escalade et autres documents qui pouvaient se trouver à Berne, Zurich, Bâle, Schaffhouse, Soleure et Lucerne. Les premières pépites ne se sont pas fait attendre. Dans cet exposé, il se concentrera sur les lettres et rapports de Genève envoyés à ces cantons les 13 et 20 décembre 1602 et leur diffusion, ainsi que sur le discours tenu par l’ambassadeur genevois François de Chapeaurouge à Berne, le 18 décembre 1602.

Ces découvertes paraîtront dans le prochain livre de Patrice Delpin sur les «Récits de l’Escalade».

 

 

Patrice Delpin, retraité après une longue carrière d’enseignant en Histoire au secondaire, est chercheur indépendant, spécialisé sur la période de l’Escalade. Ayant découvert l’original autographe du Journal (1600-1609) d’Esaïe Colladon, il l’a publié récemment chez Droz avec un riche commentaire.

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée. 

 

 

Image: Genève assiégée par les troupes du duc de Savoie. Eau-forte de l’atelier de Franz Hogenberg, publiée à Cologne en 1603 (Bibliothèque de Genève, Archives A. & G. Zimmermann). https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/008905/2009-11-26/

Discipliner les étuves genevoises. Un enjeu politique

Discipliner les étuves genevoises. Un enjeu politique

Discipliner les étuves genevoises.

Un enjeu politique

 

Une conférence présentée par

Madame Sonia Vernhes Rappaz,
historienne,

Jeudi 2 novembre 2023 à 18 h 30,

Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal,
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

Lieu de sociabilité où se croisent étuvistes, domestiques, clientes et clients, de toutes conditions sociales, les étuves, à mi-chemin entre espace public et privé, sont dédiées aux pratiques d’hygiène et aux rencontres depuis le XVe siècle. Pour y maintenir l’ordre, les magistrats ne prononcent qu’au cas par cas, des réprimandes et des sanctions rarement suivies d’effets. Cette situation semble perdurer jusque dans les années 1540 lorsque s’entame un bras de fer entre le Conseil et le Consistoire d’un côté et les maître.esse.s des étuves genevoises de l’autre. Souvent considérée comme une conséquence de la présence à Genève du réformateur Jean Calvin, cette lutte d’influence s’inscrit en fait dans un contexte politico-religieux particulier qui voit s’affronter deux factions, l’une défendant l’identité genevoise fragilisée par l’autorité grandissante des institutions religieuses et l’autre soutenant inconditionnellement la politique disciplinaire du Consistoire. Pendant quinze années, les étuves deviennent ainsi l’un des terrains d’affrontement entre les deux partis dont les conflits menacent régulièrement l’unité politique de la ville.

Sonia Vernhes Rappaz est historienne, coordinatrice de publication et médiatrice pédagogique. Ses sujets de recherche portent plus particulièrement sur l’histoire de Genève sous l’Ancien Régime.

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée. 

 

 

Traductions et traducteurs à la cour d’Amédée VIII de Savoie

Traductions et traducteurs à la cour d’Amédée VIII de Savoie

Traductions et traducteurs à la cour d’Amédée VIII de Savoie

 

Une conférence présentée par

Monsieur Mathieu Caesar,
historien,

professeur d’histoire médiévale à l’Université de Genève

Jeudi 12 octobre 2023 à 18 h 30,

Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal,
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

La figure du duc Amédée VIII de Savoie, revêtu de l’habit ducal rouge bordé d’hermine et portant une épée ainsi que des fleurs de lys, est une image bien connue des chercheurs s’intéressant au Moyen Âge savoyard. Œuvre du peintre Jean Bapteur, cette scène de dédicace orne le début de la traduction française (réalisée vers 1438-1439) de deux œuvres latines du célèbre juriste italien du XIIIe siècle, Albertano da Brescia : le Liber de doctrina dicendi et tacendi et le Liber de amore et dilectione Dei.

Si l’image et sa signification ont fait l’objet de nombreuses études, ce n’est pas le cas de cette traduction. De même, l’importance des traductions en langue vernaculaire qu’Amédée VIII aurait fait acheter (ou reçues en don) pour la bibliothèque princière, ainsi que les demandes de traduction effectuées directement par le duc de Savoie, restent un champ largement à défricher.

Un parcours à travers des textes et des images, proposera de découvrir l’étendue des traductions possédées par Amédée VIII et de se pencher en particulier sur les textes expressément traduits pour le duc.

Mathieu Caesar est Professeur d’histoire médiévale à l’Université de Genève. Ses recherches portent sur les villes à la fin du Moyen Âge, avec un intérêt particulier pour Genève. Il s’intéresse également à l’ancien Duché de Savoie, aux politiques fiscales et à l’histoire sociale et culturelle des revers de fortune.

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée. 

 

 

Image:    Bruxelles KBR 10317-10318 fol. 1r . Jean Bapteur, Amédée VIII recevant la traduction française de deux traités d’Albertano da Brescia (Liber de doctrina dicendi et tacendi et Liber de amor Dei).

L’étonnante biographie d’un plateau de jeu de mancala baroque

L’étonnante biographie d’un plateau de jeu de mancala baroque

L’étonnante biographie d’un plateau de jeu de mancala baroque

 

Une conférence présentée par

Madame Danielle Buyssens,
historienne,

Jeudi 27 avril 2023 à 18 h 30,

La conférence sera précédée de l’Assemblée générale de la Société

Archives d’État de Genève, Ancien Arsenal,
1, rue de l’Hôtel-de-Ville

Confectionné selon toute vraisemblance aux Pays-Bas ou en Allemagne à la fin du XVIIe siècle, cet objet, qui constitue en lui-même une curiosité, fait aujourd’hui partie des collections du Musée d’ethnographie de Genève (MEG). Entre deux, bien des péripéties vont relancer sa signification et le miroir qu’il tend aux contextes qui l’accueillent. Sa fonction le liait à l’origine au Proche Orient et à l’histoire connectée de la circulation des biens et des usages à l’époque moderne. Passé de mode en Europe, le fonctionnement du jeu lui-même est bientôt oublié au profit d’un déplacement du sens de l’objet, regardé dès lors comme un beau morceau de sculpture baroque. Encore un tournant et le voilà intégré dans un ensemble mobilier chargé d’incarner l’identité suisse. Finalement pris dans un ping-pong entre deux institutions genevoises patrimoniales, il reparlera d’exotisme, cette notion très fluctuante, et de délimitation entre un Nous et des Autres.

On comprend que face à une telle trajectoire, réduire l’histoire de l’objet à l’identification de son origine n’aurait pas été satisfaisant. La méthodologie de la « biographie d’objet » se prête au contraire à l’étude des significations transitoires, voire même potentielles.

Danielle Buyssens est historienne. La vie culturelle genevoise et notamment l’histoire des collections publiques sont parmi ses principaux domaines d’intérêt. Conservatrice honoraire au Musée d’ethnographie, elle a aussi travaillé au Musée d’art et d’histoire et à la Bibliothèque de Genève.

 Toute personne que le sujet intéresse est cordialement invitée. 

 

 Image: Plateau de jeu de mancala, palissandre sculpté, long. 74,7, larg. 20, haut. 4,4 cm. Pays-Bas ou Allemagne 2e moitié du XVIIe siècle. Musée d’ethnographie de Genève, photo Jonathan Watts.

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